Chikungunya, agir face à la prolifération des moustiques.
L’OMS appelle à une action urgente
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme : l’expansion géographique des moustiques vecteurs du Chikungunya fait peser une menace d’épidémies majeures à l’échelle globale. Face au changement climatique, la lutte contre ces insectes piqueurs devient une priorité sanitaire mondiale.
Une menace sanitaire portée par l’invasion des moustiques
Le Chikungunya n’est plus cantonné aux zones tropicales endémiques. Selon les derniers rapports de l’OMS, la maladie se propage à une vitesse inquiétante. Ce phénomène est directement lié à l’expansion des moustiques du genre Aedes, principalement Aedes aegypti et Aedes albopictus (plus connu sous le nom de moustique tigre).
Le changement climatique, en augmentant les températures moyennes et en modifiant les cycles de précipitations. Cela offre des conditions idéales pour la reproduction de ces moustiques. Ces derniers colonisent désormais de nouveaux territoires, notamment en Europe et dans les Amériques, où les populations ne sont pas immunisées.
Pourquoi le Chikungunya inquiète-t-il les autorités ?
Le virus du Chikungunya se transmet à l’homme par la piqûre de moustiques infectés. Bien que rarement mortelle, la maladie provoque des symptômes invalidants :
- Fièvres brutales et élevées.
- Douleurs articulaires sévères, pouvant persister plusieurs mois (chronicités).
- Maux de tête et éruptions cutanées.
L’absence de vaccin largement déployé et de traitement antiviral spécifique rend la gestion des épidémies complexe. L’OMS souligne que la seule barrière efficace actuelle reste la réduction drastique de la densité des moustiques dans les zones urbaines et périurbaines, grâce au piégeage ou aux traitements.
L’appel de l’OMS : une stratégie de lutte globale contre les moustiques
Pour éviter une crise sanitaire d’envergure, l’OMS préconise une « action urgente » structurée autour de plusieurs piliers :
- Surveillance renforcée : Identifier précocement les foyers de prolifération des moustiques pour intervenir avant le pic épidémique.
- Contrôle vectoriel : Éliminer les eaux stagnantes où les moustiques pondent leurs œufs et utiliser des méthodes de désinsectisation ciblées.
- Mobilisation citoyenne : Sensibiliser le public aux gestes de prévention (pièges pondoir, utilisation de répulsifs et de moustiquaires).
Le changement climatique : l’allié des moustiques
L’expert de l’OMS en charge des maladies tropicales négligées avertit : le réchauffement de la planète réduit le temps d’incubation du virus chez le moustique et prolonge la saison d’activité de l’insecte. Si rien n’est fait pour freiner cette dynamique, le Chikungunya, au même titre que la dengue ou Zika, pourrait devenir une menace saisonnière banalisée dans des régions auparavant épargnées.

