L’inquiétante progression du Chikungunya en France
La surveillance s’intensifie autour des moustiques responsables de la transmission du virus sur le territoire.
Un bilan record : plus de 600 cas de Chikungunya en quelques mois
Les derniers chiffres de Santé publique France sont sans appel. La saison 2025 marque un tournant. Depuis le 1er mai, 633 cas de Chikungunya ont été officiellement déclarés en France métropolitaine. Si une grande partie reste des cas « importés » (personnes infectées lors d’un voyage), l’attention des autorités se porte sur la multiplication des cas autochtones.
Un cas autochtone signifie que la personne a contracté le virus en France. Piquée par des moustiques locaux ayant préalablement piqué un voyageur malade. Ce cycle de transmission prouve que le virus circule désormais activement dans certaines régions de l’Hexagone.
Le moustique tigre : le moteur de l’épidémie
Le principal suspect de cette propagation est, sans surprise, le moustique tigre (Aedes albopictus). Désormais implanté dans la quasi-totalité des départements français, ce spécimen de moustiques est particulièrement adapté aux environnements urbains.
- Agressivité : Contrairement au moustique commun, le tigre pique principalement durant la journée.
- Vecteur efficace : Une seule piqûre d’un de ces moustiques suffit à transmettre le virus du Chikungunya, mais aussi la dengue ou le Zika.
- Résilience : Ses œufs peuvent survivre à des conditions difficiles, attendant une simple averse pour éclore en masse.
Pourquoi la situation s’accélère-t-elle ?
Plusieurs facteurs expliquent pourquoi les moustiques parviennent à diffuser le virus si rapidement cette année.
- Le flux de voyageurs : Les retours de zones endémiques (Antilles, Asie, Afrique) introduisent le virus dans les populations locales de moustiques.
- La météo favorable : Un printemps humide suivi de chaleurs estivales a créé un cocktail parfait pour la prolifération des larves de moustiques.
- L’urbanisation : La densité de population en ville facilite la transmission rapide du virus d’un hôte à l’autre via les insectes piqueurs.
Comment stopper la chaîne de transmission ?
L’OMS et Santé publique France rappellent que la lutte contre les moustiques est l’affaire de tous. Pour briser le cycle du Chikungunya, des mesures strictes doivent être respectées.
- Signaler : Toute personne présentant une forte fièvre et des douleurs articulaires au retour d’un voyage doit consulter. Et se protéger des piqûres pour ne pas infecter les moustiques de son voisinage.
- Éliminer : Supprimer systématiquement les eaux stagnantes (vases, soucoupes, gouttières) où les moustiques se reproduisent.
- Protéger : Utiliser des répulsifs, des pièges biomimétiques et porter des vêtements couvrants, surtout en journée, période d’activité maximale du moustique tigre.


