Épidémie de chikungunya à La Réunion
Plus de 4 000 nouveaux cas en une semaine, un pic attendu en avril
L’épidémie de chikungunya progresse rapidement à La Réunion, touchant désormais l’ensemble de l’île. Selon l’Agence Régionale de Santé (ARS), plus de 4 000 nouveaux cas ont été recensés entre le 10 et le 16 mars. Soit une augmentation de 16 % par rapport à la semaine précédente.
Depuis août 2024, date du début de l’épidémie, plus de 13 500 cas ont été confirmés. L’augmentation du nombre de malades entraîne une pression accrue sur les services d’urgence, où le nombre de passages est passé de 78 à 128 en une semaine.
Actuellement, 15 cas graves ont été signalés, dont huit adultes et sept nouveau-nés.
Un virus transmis par le moustique tigre est un risque accru pour les personnes fragiles
Le chikungunya est une maladie virale transmise par le moustique tigre (Aedes albopictus). Il est particulièrement actif dans les zones tropicales. Les autorités sanitaires rappellent l’importance des mesures de prévention contre les moustiques pour limiter la propagation du virus (voir plus bas).
Les premiers décès liés au chikungunya ont été annoncés la semaine dernière. Il s’agit de deux personnes âgées de 86 et 96 ans, dont l’une souffrait de comorbidités.
Un vaccin bientôt disponible pour les personnes à risque
Face à la montée de l’épidémie, le laboratoire Valneva a annoncé la mise à disposition de 40 000 doses du vaccin Ixchiq. La vaccination débutera dès le début avril, avec une prise en charge par les autorités sanitaires. Toutefois, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande une vaccination prioritaire pour :
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Les personnes âgées de plus de 65 ans,
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Les adultes souffrant de comorbidités (hypertension, diabète, maladies cardiovasculaires),
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Les agents de lutte anti-moustiques exposés aux piqûres.
Vers un pic épidémique fin avril ?
Selon l’infectiologue Patrick Mavingui, les projections indiquent que le pic de l’épidémie pourrait être atteint fin avril. « La transmission du virus reste très active et les prochaines semaines seront cruciales », a-t-il souligné.
Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a également exprimé son inquiétude. Il a annoncé un déplacement à La Réunion début avril pour évaluer la situation et renforcer les mesures de lutte contre l’épidémie.
Prévention : comment se protéger du chikungunya ?
Pour réduire le risque de transmission, il est essentiel d’adopter les bons réflexes :
- Éliminer les eaux stagnantes, lieux de ponte des moustiques,
- Utiliser des répulsifs anti-moustiques,
- Installer des moustiquaires et porter des vêtements longs,
- Consulter un médecin en cas de fièvre, douleurs articulaires et éruptions cutanées.
L’épidémie actuelle rappelle celle de 2005-2006. Elle avait touché 260 000 personnes (soit un tiers de la population) et causé 225 décès.
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